La sidération, la 1ere des étapes du deuil

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Sommaire de l'article

Bonjour à tous,

Aujourd’hui je souhaite aborder avec vous la sidération. Vous savez, cet état où on est là sans être là, cet instant où on accuse le choc, ce moment que l’on ne peut pas croire… Je vous donnerais des axes de définitions pour vous parler possiblement de statistiques, mais surtout éclaircir ce phénomène.

1- Qu’appelle-t-on la sidération ?

Voici ce que dit le Larousse

“Anéantissement subit des forces vitales, se traduisant par un arrêt de la respiration et un état de mort apparente”.

Je retiendrais plutôt ce que l’on trouve sur Wikipédia au niveau des points 3 de la médecine et du point 5 figuré :

(Médecine) État d’anéantissement subit, produit par certaines maladies, qui semblent frapper les organes avec la promptitude de l’éclair ou de la foudre, comme l’apoplexie

(Figuré). Profonde stupeur vécue lors d’une violence subie, particulièrement un viol ; paralysie et dissociation mentale et émotionnelle qui empêche toute compréhension, réflexion et action, et cause un trouble de stress post-traumatique. Cela renvoi complètement vers la définition de la stupeur, toujours dans Wikipédia : 2 (Figuré) État causé par un étonnement profond dans lequel les facultés intellectuelles semblent paralysées ; sidération

C’est un état dans lequel on se fige, histoire d’une minute, d’une heure, d’une semaine peut être… Surtout l’histoire d’un instant qui ne saura réellement être quantifié en termes de durée puisqu’il est propre à chacun. Il n’y a pas de norme en termes de durée à proprement parler puisque cela fait appel aux facultés de chacun, à son vécu. C’est la phase qui va démarrer les phases du deuil, c’est ce qui fait suite à l’annonce du décès de quelqu’un, peut être à l’annonce d’une perte d’emploi, c’est avant tout ce qui fait suite à l’annonce d’une chose non désirée, mais bien subit

C’est avant tout un mécanisme de défense que notre cerveau va mettre en route. Notre  cerveau se dit que, ce qu’il convient coûte que coûte, c’est de nous protéger. On va alors, comme qui dirait, prendre de la distance. Même si ce n’est pas la manière dont on a appris la nouvelle qui déclenche ce moment, c’est bien cette annonce qui nous prend. C’est cette information bouleversante qui va nous plonger dans cet état. 

Comment ne pas être sidéré face à l’écoute de cette nouvelle ? Pourquoi ne pas aller jusqu’à l’évanouissement face à cette nouvelle qui est trop brutale pour nous! Le cerveau dit stop! Un reset du système, un black out total. Certains enfants face à des situations trop stressantes en perdent la parole pendant plusieurs jours, semaine et pour certain elle ne reviendra pas. C’est leur forme de sidération.

Enfin voici ce que dit le sociologue Gérôme Truc dans un extrait d’une interview lié à la sidération en 2015 : C’est, au sens psychologique, l’état que provoque l’intrusion subite de la violence dans la réalité

2 – La sidération dans les statistiques

 

Figurez-vous que je n’ai rien trouvé sur ce point. J’ai pourtant fait un tas de requêtes sur internet et rien ne ressort en termes de statistiques portant sur cette partie du deuil. Ni dans aucun des livres que l’on peut trouver… Comme si, 0% d’information a été collectée sur une possible enquête auprès d’une population interrogée quant au phénomène de stupéfaction qui suit l’annonce d’une perte, d’un décès.

Voici la seule information que j’ai pu récolter dans mes recherches. Extrait d’une publication de M. HANUS en 2004 “Chez des personnes antérieurement fragiles sur le plan affectif et psychique, le taux d’accidents et de suicides est nettement plus important durant l’état de choc du deuil dans la population générale”

3- La sidération, on en parle ?

 

Ce “choc” initial se manifeste de manière variable selon les personnes, mais aussi selon les circonstances de la mort.

Quelque part pour une longue maladie, même si on ne se prépare jamais vraiment à la mort d’un proche ou de votre animal de compagnie, ça, c’est vraiment une certitude, cet état n’existe quasiment pas.

Qui n’a pas été stupéfait à l’annonce du décès de quelqu’un qu’il venait de voir il y a peu de temps ? Qui n’a pas porté un temps d’arrêt dans une conversation à la suite de la nouvelle de la perte d’emploi d’un proche de manière inattendue ? Qui n’a pas voulu croire à l’information donnée qui semblait sortir d’un bon, ou mauvais, film ? 

Voici un extrait de mon histoire personnelle qui illustre complètement ce sujet : 

Quand Lionel, le compagnon de ma meilleure amie Marie, décroche le téléphone ce soir-là, après un très grand nombre d’appels de ma part, je suis très surprise. Puis, je me dis que c’est certainement normal vu que Marie vient d’accoucher, il y a des tas de choses à faire avec le bébé. Vient l’incompréhension quand il me dit que Marie est partie. Partie faire les courses ? Avec le bébé? Partie ou ça?. Le ton de sa voix ne me plait pas. Je ne connais pas ce ton-là et je n’ai franchement pas envie de le connaître. Face à mon insistance, il finit par me dire qu’elle est morte.

Un choc indescriptible. Un déchirement. Une chose impossible. Je ne crie pas, mais je pleure à ne plus savoir m’arrêter. Je me laisse tomber…Ce moment-là dans ma vie a été un tsunami. J’ai été complètement anéantie par cette nouvelle. Je ne savais pas comment gérer cette information, je me suis effondrée. Un sacré mauvais cauchemar. Je ne savais plus rien faire d’autre que pleurer tout en hurlant à moitié cette douleur. Toutes les autres actions devenaient impossibles à réaliser et impossible également d’avoir une pensée correcte non plus. Pourtant j’ai repris le travail, plus ou moins bien. Je pleurais souvent à mon bureau en me cachant ou en ne me cachant pas. Certaine fois, il fallait que ça sorte même si, moi, je ne le voulais pas. J’ai eu beaucoup de témoignages de soutien à ce moment-là et cela m’a fait du bien.

Avec ces éléments on peut penser que la sidération est possiblement la phase la plus courte, possiblement aussi la moins douloureuse aussi, car on se déconnecte complètement de ce que l’on vient d’entendre. Même si elle ne dure pas, elle reste malgré tout, la plongée dans cet abîme de deuil.

Vous rappelez-vous, vous aussi, des moments de sidération sur votre chemin de vie ?

Cet article vous à plus ? Lisez l’article sur le don du corps à la science.

Au plaisir de vous lire dans les commentaires

Sources Wikipedia / Le Larousse / Psychologies.com- Interviews – La-sidération

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