Donner son corps à la science en 2021 ?

photo-main-gant chirurgical-souris blanche

Sommaire de l'article

Je souhaite, aujourd’hui, vous parler du don de son corps à la science. Cela fait partie des sujets que j’appelle “connexe” au deuil. Au travers de cet article je voudrais vous donner un maximum d’informations sur ce en quoi cela consiste exactement de faire cette donation mais également les démarches et les implications

1 – Définition : C’est quoi donner son corps à la science ?

Donner son corps à la science c’est vouloir que sa dépouille serve à des futurs médecins, chirurgiens ou d’autres chercheurs, dans le but de faire progresser la science

On pourrait aussi le voir comme :

  • Une offrande de matière première à l’apprentissage de techniques.
  • Un terrain d’exercice pour personnes désireuses de progresser. 
  • Être du matériel pédagogique.

Bien que nos progrès dans la science avancent d’année en année, la texture d’une peau ou d’un tissu mais également leur résistance ne se reproduisent pas complètement aujourd’hui ce qui fait que cette prérogative garde encore tout son sens. 

Nos médecins ont besoin de connaître l’anatomie et notre organisme va donc servir à pouvoir les faire s’exercer, ce qui va permettre de passer de la théorie à la pratique.

2 – On le fait à quel moment ce choix de don ?

C’est un choix que l’on fait de son vivant. Oui, ce n’est pas quelque chose que l’on va dire comme “Au fait, tu sais que j’aimerais me faire incinérer ?” ou encore “Je voudrais reposer avec papa et maman au sein du caveau familial”. Aucune autre personne que vous, après votre trépas, ne peut décider de cela alors que dans les autres cas si. C’est un choix qui se mûrit et se fait en son âme et conscience de son vivant. Et ce choix fera sûrement parti des étapes du deuil de vos proches.

Pour vous donner quelques chiffres, en 2018 cela représentait environ 3000 personnes par an qui optaient pour ce choix. Peu, au regard de la population française qui avoisine les 70 millions d’individus. Saviez-vous également que le don de son corps à la science est autorisé depuis 1887. C’est, en effet, cette année là où le principe de la liberté des funérailles est écrit. Pour aller plus loin avec la loi :  Loi du 15 novembre 1887 sur la liberté des funérailles1810111/2021-01-15/

3 – Comment fait-on pour se léguer ?

Et c’est donc là que notre corps devient précieux. 

Saviez-vous que selon les articles R2213-7 à R2213-14 du Code général des collectivités territoriales le don de son corps est un leg

Du coup, je fais comment ?

Avec le choix à faire de son vivant, la 2eme chose indispensable est qu’il faut être majeur. Ensuite cela se fera grâce à une lettre manuscrite simple envoyée auprès de la faculté de médecine la plus proche, en voici une liste : Facultés de Médecine

Suite à la réception de ma demande, la faculté va me contacter par le biais de l’envoi d’un dossier à remplir. Une analyse des pièces sera réalisée et à la suite de cela, tout comme nous avions, par le passé, une carte de donneur d’organes, dans ce cas précis on recevra une carte de donneur qui atteste de notre volonté de léguer notre corps à la science. Bien entendu, il faudra toujours la garder sur soi. Dernier point et non pas des moindres, le don de son corps à la science n’est pas gratuit, son coût varie d’un endroit à l’autre. Ce qui sera pris en charge par la faculté de médecine ce sera l’inhumation ou la crémation. Ce coût sera à régler pour ainsi dire à la constitution du dossier, il précédera l’envoi de la carte de donneur.

Puis, après plusieurs semaines, plusieurs mois, plusieurs années peut-être, une fois que j’aurais bien aidé la recherche, mon corps pourra être inhumé ou incinéré. Je l’aurais écrit dans mes préférences sur l’un des formulaires. Et si je le demande également, mes cendres pourront être rendues à ma famille. En dehors de cette dernière possibilité, les cendres sont dispersées dans un espace commun, type jardin du souvenir avec une stèle aux donneurs pour les familles. 

Voici un lien pour les étapes de la démarche : Association Française d’Information Funéraire. Voici un autre lien vers le service public qui donne également quelques autres informations : Service Public, Vos droits

Enfin je vous partage un dernier lien vers un vidéo cette fois-ci Comment faire don de mon corps à la science.

4 – Tu donnes ou tu donnes pas ?

Avec tous ces éléments cela permet de finaliser son choix ou, au moins, d’en savoir vraiment plus sur ce que signifie le don de son corps à la science. 

De mon côté, à la lecture de ces informations, je ne sais plus trop si je préfère donner pour s’exercer dans le sens d’apprendre ou donner pour sauver une ou plusieurs vies, on vite de changer d’avis. Car donner son corps et donner des organes ne peuvent pas se cumuler. Vraiment ça se réfléchit en son âme et conscience. 

Et vous du coup avec ces éléments gardez-vous toujours une vision claire sur ce que vous souhaitez faire

Quoi qu’il en soit, une des démarches à ne pas oublier est de bien penser à en parler à vos proches. C’est plus qu’important de faire connaître ses choix à son entourage. Ça permettra, pour les personnes qui restent, de se sentir moins au dépourvu non pas quand la bise sera venue 😉 mais bien le moment où nous ne serons plus.

Le don de son corps à la science est vraiment à distinguer de choisir la crémation ou l’enterrement. Car, je reviens sur ce point, la démarche se fait de son vivant alors que “le reste” on en a simplement parlé à nos proches afin que nos volontés soient respectées. 

Dernier point et non des moindres, attention à ne pas confondre “don d’organes” et “don de son corps à la science”. Aujourd’hui tout un chacun est donneur d’organes sauf si bien sûr vous vous êtes inscrit sur le registre national du refus du don d’organe. Parce que oui, dorénavant c’est en s’inscrivant sur un registre qu’on va refuser qu’on prenne nos organes.

Hop, je mets le lien au cas où, pour ceux à qui cela ne dit rien :  Registre National du Refus du Don d’Organe

Pour revenir brièvement sur le don d’organes, c’est concrètement, vous êtes mort, vous n’avez rien stipulé ce qui fait que certains de vos organes pourront être prélevés pour sauver d’autres vies.

Et comme souvent c’est le décès d’un proche qui fait que l’on va commencer à se poser ce genre de questions…

  • Je voudrais quoi pour ma dernière maison ?
  • Comment ça marche pour donner son corps à la science ?
  • Et le don d’organes ?
  • Est-ce que je veux être incinéré?
  • Est-ce que je veux être mis en terre ?
  • Est-ce qu’on a déjà une tombe, si oui combien de place elle a ?
  • Si non ou est ce que je vais me faire enterrer ?
  • Et mes cendres qu’est-ce que je veux qu’on en fasse ?
  • Est-ce que j’ai envie de laisser cette charge aux personnes restantes après moi ?

Moi, maintenant j’y pense à tout ça et j’en parle à mes proches.

Sources

Association Française d’Information Funéraire

Service Public, Vos droits

Réseau CHU

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *