2021, qui parle du Deuil en milieu professionnel ?

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Bonjour à tous!

Le milieu professionnel est bien une des sphères de notre vie impactées par un deuil. C’est pourquoi aujourd’hui je souhaite aborder, avec vous, le deuil en milieu professionnel. Parce que oui, il se ressent également dans l’exercice de notre activité. En effet, en 2021, comment peut se traduire le deuil en milieu professionnel ? D’ailleurs, que veut vraiment dire faire son deuil ? Est-ce qu’il existe des attitudes à avoir ? Des choses à dire ? Des émotions à ne pas montrer ? Est-ce qu’on arrive à être maître de tout ça ? Et les autres alors ?

1 – Qu’est-ce que le deuil en milieu professionnel ?

 

On pourrait croire que c’est “seulement” lorsqu’une personne de son entourage professionnel comme un collègue, son patron, un fournisseur, voire un client pourquoi pas, qui décède. Et qu’en est-il de l’idée que l’on pourrait se faire d’un décès survenu sur le lieu de travail ? Cela n’est pas limité qu’à ça. Un deuil en milieu professionnel cela peut être toutes ces choses, forcément, mais de mon côté, je vous en parlerai comme le deuil que l’on va ramener au bureau. Un peu comme quand on ramène du travail le soir à la maison sauf que là, ce n’est pas quelque chose de forcément volontaire. 

Saviez-vous que les collègues de bureau représentent 10% des personnes décédées dans notre entourage ?

Traduisons le deuil en milieu professionnel comme étant celui d’une personne en activité professionnelle qui est affectée par un deuil. On va subir cette perte qui va nous accabler, car c’est bien là que se trouve toute la problématique si on peut l’appeler ainsi. La disparition d’un être à qui nous tenions va nous affliger, tous, de manière différente, car nous sommes uniques et la relation que nous avions avec cette personne l’était également. Cet affect va nous coller à la peau pendant une certaine période. Là aussi elle sera plus ou moins longue selon les personnes et selon le lien qui existait. Par contre, si ça nous colle à la peau c’est partout et tout le temps. Donc sur son lieu de travail aussi. 

C’est aussi cet ensemble de perception, relation, communication, attention, déni, dans notre milieu professionnel suite à un deuil.

Selon l’enquête CREDOC-EMPREINTES-CSNAF-Les Français face au deuil 2019 qui portait sur 3377 adultes de 18 ans et plus, 92% de personnes interrogées disent pouvoir être touchées par un décès qui arrive hors du cercle familial. Et croyez-vous que sur les 88 % de personnes qui ont vécu un deuil qui les a particulièrement affectées, aucune n’a transporté ces émotions où son état d’âme/esprit au bureau ne serait-ce qu’une fois ? Il est important de savoir qu’un tiers de ces individus avaient entre 30 à 49 ans ce qui peut vouloir dire être actif professionnellement.

2 – Quelles sont les absences dans le cadre du deuil en milieu professionnel ?

 

Alors oui, on a droit à des congés quand on perd un proche, c’est vrai. Que nous propose la loi du travail dans le cadre d’un décès en termes d’absences? Ces relâches sont communément appelées congés pour événements familiaux dans lesquels se retrouve la naissance, le mariage, la conclusion d’un PACS, le décès d’un proche… Bien entendu, on ne va pas pouvoir les utiliser à sa guise, car des dispositions seront à respecter selon les entreprises dans lesquelles on travaille. Et, enfin, il faudra pouvoir justifier de l’événement en transmettant un justificatif type acte de décès en ce qui nous concerne ici.

Attention car le décès d’un proche n’est pas celui de tous les proches. Il y a en effet une liste exhaustive de proches qui sera : 

  • un enfant,
  • un conjoint, 
  • un concubin ou le partenaire lié par un PACS, 
  • un père, 
  • une mère, 
  • un beau-père, 
  • une belle-mère, un frère
  • une sœur. 

Aucune autre personne ne sera considérée comme proche par notre administration même s’il s’agit de votre meilleur(e) ami(e) ou de votre vieux chien/chat, partenaire de toujours

En France, en 2019, une personne décédée était pour : 

  • 39% un père, mère,
  • 22% un grand-parent,
  • 13% un parent proche,
  • 10% un ami,
  • 7% un frère, une soeur,
  • 5% un conjoint,
  • 3% un enfant,
  • les pourcentages restants sont pour “autres”

Ce qui nous laisse 24% pour qui nous serons en deuil, mais dont aucune absence ne pourra être “autorisée” par la loi du travail. Alors que dans cette situation nous pourvons tout autant passer par les étapes du deuil tout comme lors de la parte d’un être cher.

Selon le décès, il y aura plus ou moins de jours octroyés. Par exemple pour un enfant, depuis le 1er juillet 2020, si celui-ci a moins de 25 ans, ce sera 7 jours ouvrés. A noter également qu’en cas de décès d’une personne âgée de moins de 25 ans, à notre charge effective et permanente, ce sera également 7 jours. De plus, un congé deuil enfant de 8j supplémentaire sera octroyé. Pour les autres personnes considérées comme proches dans la liste citée plus haut, on parlera de 3 jours. 

Pour clore sur ce point des congés pour évènements familiaux il convient de se dire que ces dispositions sont celles minimales allouées, car les conventions collectives et autres accords d’entreprise peuvent en augmenter la durée.

Mais après, il faut bien revenir au travail non ? Et il se passe quoi ?

Toujours selon cette même enquête, en termes d’absences constatées au travail, il y a eu :

  • 11% pour une semaine et plus
  • 13 % pour 1 à 6 jours
  • 7% pour 1 jour
  • 5% pour quelques heures
  • 64% n’ont pas eu d’absence

3 – Un protocole pour le deuil en milieu professionnel ?

 

Me voilà de retour au bureau, tout doit reprendre son cours. Je reprends mon poste et je me remets à travailler. Bien sûr ici, je parle du meilleur des cas, car il peut arriver que le retour ne se passe pas bien avec son employeur qui aura pris d’autres dispositions dans le travail, ou également que je ne me sente pas la capacité de reprendre mon travail… Je suis au bureau et… Comment ça se passe si je me mets à pleurer d’un coup comme ça pour aucune raison apparente pour la personne en face de moi

Car finalement, qui est au courant que j’ai perdu un être cher il n’y a pas si longtemps ? 

  • Mon responsable direct ? 
  • Les ressources humaines ? 
  • Quelques collègues ? 
  • Seulement moi ?

Mais combien de personnes sont vraiment au courant ? Qui les aura informés de mon “état” ? Est-ce que c’est moi ? Est-ce que c’est eux car ils s’inquiétaient de ne pas avoir de mes nouvelles ? Est-ce qu’ils l’ont découvert au détour d’une conversation ?  Ce sont quelques questions que l’on peut se poser dans ces situations.

Aucun protocole n’existe à proprement parler dans l’entreprise

Aujourd’hui, on nous montre comment utiliser des outils, on apprend à conduire, à lire, comment utiliser la machine à café, mais est-ce qu’on nous a appris à interagir avec une personne en deuil ? Est-ce qu’on apprend cela à l’école ? Sur son lieu de travail ? A la maison ? 

Personne ne sait exactement quoi dire, quoi faire ? Pourquoi m’a-t-on mis au placard à mon retour au bureau ? Pourquoi ne me parle-t-on plus comme avant ? Pourquoi j’ai l’impression que mon deuil est tabou ? Est-ce que j’ai été contacté par les RH suite à cela ? Est-ce des fleurs ont été envoyées à l’enterrement ? 

A noter dans notre enquête que pour : 

  • 39% des personnes endeuillées ont ressenti une gêne ou des problèmes de concentration au travail
  • 76% des personnes endeuillées la reprise du travail a été bénéfique

Et c’est bien 1 français sur 2 qui est heurté par certaines attitudes notamment liées au cliché de la souffrance avec :

  • 43% face à l’utilisation de clichés pour diminuer la souffrance type “la vie continue”
  • 29% face à l’incompréhension du processus de deuil vécu
  • 29% face à la gêne exprimée par la personne qui s’adresse à moi
  • 21% face au jugement extérieur
  • 20% face au manque de soutien de l’entourage
  • 18% face à de l’humour déplacé

On est en droit de se demander si, dans le cadre professionnel, est-ce qu’après un deuil tout doit reprendre comme avant ? 

Mettons-nous dans l’autre sens, c’est-à-dire, j’ai mon collègue qui est en deuil, comment je réagis ? 

Plusieurs solutions s’offrent à moi : 

  • J’essaie de faire comme si de rien était avec le risque de nier ses émotions. 
  • J’essaie de le “consoler” avec des phrases maladroites qui ne font qu’engendrer plus de peine voir de la colère. 
  • Je ne le sollicite pas, mais par ma présence, je lui montre mon soutien, par mon silence, je lui montre le respect de ce deuil. 

Pour finir, je ne sais pas comment réagir, car je pense à ce que j’aimerais moi dans une telle situation ou alors j’essaie d’être quelqu’un d’autres histoires de lui changer les idées. Dans ces situations laisser parler et venir ses émotions permet de faire sortir ce qu’il y a à l’intérieur. Vous connaissez l’adage qui dit “mieux dehors que dedans”, ici, c’est la même chose. En parler et en parler encore pour ancrer la situation, le décès, le manque et se libérer.

Le deuil en milieu professionnel est un ensemble de personnes, avec de lieu, des émotions, mais surtout des situations, des non-dits, des maladresses. C’est un champ des possibles à pouvoir mettre en place pour aider tout un chacun face à des événements de vie ; parce que la place de l’un n’est pas la place de l’autre et pour ce qui est des émotions, c’est la même chose. 

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